28 août 2008
.... Au petit matin, Tom se réveilla de bonne heure. Son ventre gargouillait et il sentait la faim lui tirailler l'estomac. Une bonne odeur se mêlait à l'air déjà chaud. Sa mère préparait les piroumes, ces petits pains délicieux, fourrés à la confiture ! Tom les adorait, et il lui arrivait souvent d’en cacher dans ses poches pour aller les déguster sur la terrasse ombragée en observant leur jardin.
D'un geste vif, Tom enleva la lourde couverture dans laquelle il s’était enroulé, bondit et courut vers les fourneaux.
Soudain, son regard s'arrêta net car dans le coin de la pièce, la balle miroitait doucement. Il lui semblait qu'elle le regardait en se moquant de lui.
Avait t’il rêvé ? Il se souvenait pourtant parfaitement du tumulte du fleuve et de sa course effrénée!
Le cœur battant, il se dirigea vers la grande salle de la maison. Il lui semblait que ses jambes flageolaient et qu’il n’aurait jamais la force d’aller jusqu’au bout du couloir. La voix de sa mère lui parvint tout à coup.
-« Tom ! Viens vite ! Il ya plein de bonnes choses a manger ce matin ! »
Effectivement la table était recouverte de victuailles toutes plus appétissantes les unes que les autres.
-« Nous avons des invités ce matin « annonça sa mère en souriant.
Bientôt, Tom entendit le grincement du fauteuil de fer de son petit voisin. Il apparut sur le seuil, toujours aussi pâle, toujours aussi maigre, et les yeux toujours aussi lointains.
27 août 2008
La nuit tombait et la fraicheur envahit enfin la pièce.Tom gardait les yeux ouverts et regardait les ombres des dougandas se balancer au gré de la brise. Leurs longues feuilles effilées chuchotaient la mélodie qui, habituellement, endormait Tom dès qu'il s'installait dans le hamac que sa mère avait patiemment tissé.
Mais ce soir, Tom réfléchissait.
Dans le coin de la pièce la balle multicolore semblait lui renvoyer les reflets de la lune blanche. Tom la saisit et décida de l'emporter le plus loin possible. Après tout, depuis qu'il avait cette balle, des choses bizarres se produisaient autour de lui.
Ce matin au marché, le seul mot prononcé par l'enfant malade avait provoqué une grande émotion et beaucoup de remue ménage. Sa mère l'avait regardé étrangement et durant toute la soirée, elle lui avait semblé lointaine, absorbée par des pensées qui faisaient ressortir les rides de son visage.
Sautant prestement de son hamac, Tom prit sa cape et se faufila hors de sa chambre.
La lueur de la lune le guidait vers le fleuve où l'enfant avait décidé de se séparer de la boule multicolore.Bientôt il entendit le grondement des eaux tumultueuses du fleuve.
Il se mit a courir, effrayé d'être aussi loin de sa maison en pleine nuit.Dès qu'il fût près de la berge, il lança la balle de toutes ses forces et ne perdit pas un seul instant à la regarder se débattre au milieu des flots noirs.
A ce moment précis, Tom pensait que sa vie allait reprendre son fil tranquille ...
Mais ce soir, Tom réfléchissait.
Dans le coin de la pièce la balle multicolore semblait lui renvoyer les reflets de la lune blanche. Tom la saisit et décida de l'emporter le plus loin possible. Après tout, depuis qu'il avait cette balle, des choses bizarres se produisaient autour de lui.
Ce matin au marché, le seul mot prononcé par l'enfant malade avait provoqué une grande émotion et beaucoup de remue ménage. Sa mère l'avait regardé étrangement et durant toute la soirée, elle lui avait semblé lointaine, absorbée par des pensées qui faisaient ressortir les rides de son visage.
Sautant prestement de son hamac, Tom prit sa cape et se faufila hors de sa chambre.
La lueur de la lune le guidait vers le fleuve où l'enfant avait décidé de se séparer de la boule multicolore.Bientôt il entendit le grondement des eaux tumultueuses du fleuve.
Il se mit a courir, effrayé d'être aussi loin de sa maison en pleine nuit.Dès qu'il fût près de la berge, il lança la balle de toutes ses forces et ne perdit pas un seul instant à la regarder se débattre au milieu des flots noirs.
A ce moment précis, Tom pensait que sa vie allait reprendre son fil tranquille ...
24 août 2008
« Enfin Tom ou étais tu passé ! » Sa mère le tenait fermement par la main et se pressait au milieu de la foule bigarrée du marché.
Tom aperçut la balle qui gisait le long du trottoir et, se penchant d’un mouvement vif, il la saisit et l’emporta.
Les murs blancs éclataient au soleil et les fruits exhalaient leurs odeurs douces.
Tom patientait pendant que sa mère négociait les prix. Les tractations commerciales étaient souvent longues en ces temps difficiles et le moindre kilo de denrée se discutait âprement.
Tandis que sa mère et une marchande de lokaris discutaient, Tom se dandinait et regardait autour de lui. Les lokaris ne l’intéressaient pas beaucoup car il détestait leurs petits grains qui lui grattaient la gorge.
Bientôt son regard fut attiré par un scintillement de métal : il finit par apercevoir une sorte de fauteuil de métal munis de deux roues, d’un tas de manettes auquel Tom ne comprenait rien. Dedans, un petit garçon semblait indifférent au monde et à l’agitation qui l’entouraient.
Tom l’avait déjà aperçu quelques fois, il habitait non loin de sa maison mais ne sortait presque jamais…sa peau était pâle, ses jambes pendaient mollement le long de deux gouttières métalliques et ni Tom ni sa mère n’avaient jamais entendu le son de sa voix.
La main de sa mère se referma brusquement sur la sienne, et tenant fièrement ses lokaris, elle reprit à nouveau son chemin, fendit la foule et alla à la rencontre de leur voisine et de l’étrange fauteuil.
Tom se retrouva en face du petit garçon silencieux.
Leurs regards se croisèrent un long moment. Tom, gêné par le silence, lui donna brusquement la balle multicolore qu’il tenait toujours dans sa main.
Lentement, les yeux du petit garçon se levèrent, puis ses lèvres s’entrouvrirent : « T…OOO…MMM » .
Le son frêle de sa voix remplit l’air alentours. Les femmes se regardèrent, stupéfaites.
Tom aperçut la balle qui gisait le long du trottoir et, se penchant d’un mouvement vif, il la saisit et l’emporta.
Les murs blancs éclataient au soleil et les fruits exhalaient leurs odeurs douces.
Tom patientait pendant que sa mère négociait les prix. Les tractations commerciales étaient souvent longues en ces temps difficiles et le moindre kilo de denrée se discutait âprement.
Tandis que sa mère et une marchande de lokaris discutaient, Tom se dandinait et regardait autour de lui. Les lokaris ne l’intéressaient pas beaucoup car il détestait leurs petits grains qui lui grattaient la gorge.
Bientôt son regard fut attiré par un scintillement de métal : il finit par apercevoir une sorte de fauteuil de métal munis de deux roues, d’un tas de manettes auquel Tom ne comprenait rien. Dedans, un petit garçon semblait indifférent au monde et à l’agitation qui l’entouraient.
Tom l’avait déjà aperçu quelques fois, il habitait non loin de sa maison mais ne sortait presque jamais…sa peau était pâle, ses jambes pendaient mollement le long de deux gouttières métalliques et ni Tom ni sa mère n’avaient jamais entendu le son de sa voix.
La main de sa mère se referma brusquement sur la sienne, et tenant fièrement ses lokaris, elle reprit à nouveau son chemin, fendit la foule et alla à la rencontre de leur voisine et de l’étrange fauteuil.
Tom se retrouva en face du petit garçon silencieux.
Leurs regards se croisèrent un long moment. Tom, gêné par le silence, lui donna brusquement la balle multicolore qu’il tenait toujours dans sa main.
Lentement, les yeux du petit garçon se levèrent, puis ses lèvres s’entrouvrirent : « T…OOO…MMM » .
Le son frêle de sa voix remplit l’air alentours. Les femmes se regardèrent, stupéfaites.
22 août 2008
La balle multicolore rebondit,roula,cogna contre le mur de pierres sèches, rebondit à nouveau , repartit le long de la ruelle ensoleillée.
Tout d'abord l'enfant la regarda, hypnotisé par ses reflets, puis, se dandinant sur ses jambes maigrelettes il chercha le lanceur, celui à qui la balle avait dû échapper.Ses yeux trop grands et trop clairs lui donnaient l'air d'un moineau égaré, et ses chaussures aux lacets mal faits semblaient issues d'un autre temps.
Il regarda attentivement la rue. Ce n'était ni celle où il habitait avec sa mère, ni celle de la nourrice où il jouait parfois sous haute surveillance.
Comprenant brusquement que la rue lui était inconnue, son regard chavira. Ici les murs étaient tout gris, très hauts, si hauts qu'il ne laissaient passer qu'un infime rayon de soleil. Il n'y avait ni bonne odeur, ni le grésillement de la radio du coiffeur. La ruelle était silencieuse, immobile, sans aucun souffle d'air pour jouer dans ses cheveux blonds.
Ses yeux se gonflèrent de larmes....et la balle reprit son jeu.
De rebond en rebond , elle vint frôler le garçonnet qui, maintenant, oubliant ses larmes, essayait de l'attrapper.L'invitant dans son jeu malicieux, la balle rebondissait de plus belle, roulait le long des murs gris, sautait , s'envolait, tournoyait , et l'enfant la suivait en riant.
Au détour d'une ruelle plus sombre, la balle bondit subitement dans une lumière éclatante. Sans un instant d'hésitation, l'enfant la suivit.
Deux mains fermes le saisirent.
-" Enfin Tom! Ou étais tu passé ? Cela fait 20 bonnes minutes que je te cherche ! Je t'ai déjà dit mille fois de ne pas t'éloigner!"
Eberlué, l'enfant regardait la balle multicolore qui gisait à ses pieds.
Sa mère le tenait par la main, et pressait le pas.
Tout d'abord l'enfant la regarda, hypnotisé par ses reflets, puis, se dandinant sur ses jambes maigrelettes il chercha le lanceur, celui à qui la balle avait dû échapper.Ses yeux trop grands et trop clairs lui donnaient l'air d'un moineau égaré, et ses chaussures aux lacets mal faits semblaient issues d'un autre temps.
Il regarda attentivement la rue. Ce n'était ni celle où il habitait avec sa mère, ni celle de la nourrice où il jouait parfois sous haute surveillance.
Comprenant brusquement que la rue lui était inconnue, son regard chavira. Ici les murs étaient tout gris, très hauts, si hauts qu'il ne laissaient passer qu'un infime rayon de soleil. Il n'y avait ni bonne odeur, ni le grésillement de la radio du coiffeur. La ruelle était silencieuse, immobile, sans aucun souffle d'air pour jouer dans ses cheveux blonds.
Ses yeux se gonflèrent de larmes....et la balle reprit son jeu.
De rebond en rebond , elle vint frôler le garçonnet qui, maintenant, oubliant ses larmes, essayait de l'attrapper.L'invitant dans son jeu malicieux, la balle rebondissait de plus belle, roulait le long des murs gris, sautait , s'envolait, tournoyait , et l'enfant la suivait en riant.
Au détour d'une ruelle plus sombre, la balle bondit subitement dans une lumière éclatante. Sans un instant d'hésitation, l'enfant la suivit.
Deux mains fermes le saisirent.
-" Enfin Tom! Ou étais tu passé ? Cela fait 20 bonnes minutes que je te cherche ! Je t'ai déjà dit mille fois de ne pas t'éloigner!"
Eberlué, l'enfant regardait la balle multicolore qui gisait à ses pieds.
Sa mère le tenait par la main, et pressait le pas.
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